Dimanche 28 novembre 2010
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Tout a commencé il y a 4 ans, quand on a enfin vu la croix bleue du test Clearblue se dessiner. On était ravi, on était heureux ... on
avait un peu peur aussi : nous allions devenir parents. Ca ne s'est pas passé comme ça. Moins d'une semaine après, je saignais, et quelques jours après, on m'opérait car notre petit ne s'était
pas logé au bon endroit. Grossesse extra-utérine. Mais pas que. Le chirurgien m'annonce au réveil, alors que je suis encore dans les vapes, qu'une de mes trompes de Fallope était sérieusement
endommagée, qu'ils ont dû me la retirer, et que ce n'était pas à cause de ma GEU (qui elle était localisée dans l'autre trompe, en bon état, qu'ils ont pu conserver). Non : j'avais apparemment
été infectée par une bactérie nommée Chlamydiae qui se transmet lors de rapports sexuels non-protégés.
Dans ma vie, j'ai aimé deux hommes. Et je ne me suis protégée qu'au début, avant de faire à chaque fois le fameux test de dépistage du
SIDA. Le rabattage médiatique avait bien fait son boulot. Tellement qu'on en oublie les IST, infections sexuellement transmissibles. Le I a remplacé le M de maladie, parce que ces bactéries,
virus, champignons, parasites ne nous font pas tomber malades. Parce que les symptômes sont souvent très discrets, voire inexistants. Mais les conséquences, vous les payez à vie si vous ne vous
soignez pas rapidement (et comment avoir l'idée d'aller se soigner, si on ne sait pas qu'on a été infecté ?).
Dans notre malheur, on a eu de la chance : je n'avais pas infecté Alf. La bactérie avait disparu toute seule, mais les dégâts
provoqués étaient irréversibles.
En avril dernier, je retombais enceinte. Mais après une intervention chirurgicale sur une trompe de Fallope, les risques de récidive
d'une GEU sont de 30%. Peut-être également n'était-elle pas en si bon état que ça et portait quelques séquelles non décelables de l'infection. En tout cas, ça n'a pas loupé. J'ai perdu ma
dernière trompe.
Notre espoir d'être parents un jour n'est pas anéanti : la médecine et la FIV peuvent nous donner un sérieux coup de pouce. Mais c'est
notre dernière chance.
"Le SIDA, parlons-en", je suis absolument d'accord. Mais pas seulement. La confiance se mérite, se gagne. Osez proposer un test de dépistage à 2, c'est une belle preuve d'amour et de respect, c'est dire : "je ne
veux pas te faire de mal". Gardez aussi à l'esprit qu'un test de dépistage n'est qu'un état des lieux à un moment M : un coup de canif au contrat oblige à tout
recommencer.
Contre tous ces aléas, seul le préservatif nous préserve.

Qué os parece ?